Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retour à Paris

Publié le par Pierre LACOMBE

A sa descente de l'avion, un homme l'attendait avec une pancarte, sur laquelle était écrit en gros caractère, son prénom et son nom. Didier CANTERANNE. Naturellement, le jeune homme se dirigeait vers lui. Le chauffeur lui dit, je vous accompagne au siège de la société, Monsieur Édouard vous invite pour le déjeuner et ensuite, vous aurez avec quelques petits détails à régler avec lui.

A midi 10, Didier était dans le bureau du P-DG qui avait réservé une table rien que pour eux deux dans un restaurant qui jouxte le parc Montsouris. Un peu brusque dans ses mots, Édouard lui dit :

"Maintenant que tu fais partie de la famille, on se dit tu, d'accord" ? Le jeune homme acquiesçait de la tête. "Voilà, ce que j'attends de toi" ! "Tu dois t'engager à être le meilleur représentant de notre maison de disques en France et à l'extérieur du pays". "Ensuite, tu ne dois refuser aucune promotion et enfin, s'il y a le moindre problème, de jour comme de nuit, tu peux m'appeler, voici ma ligne directe et mon numéro personnel. Tout à l'heure, Luc t'accompagnera dans les boutiques afin que tu puisses acheter d'autres vêtements que ceux que tu portes en ce moment et demain, séance coiffeur, esthéticienne afin de préparer le shooting photo de vendredi. Puis, tu auras samedi et dimanche pour apprendre tes textes. Tu dois les savoir par coeur pour lundi 11 heures pour ton entrée en studio".

Quel emploi du temps ! Un vrai ministre !

Sitôt dit, sitôt fait ! Luc attendait Didier et Édouard devant leur voiture. Le chauffeur de la production déposait son patron devant les bureaux et filait vers les boutiques de vêtements afin d'effectuer quelques emplettes. Le nouveau chanteur sortait des magasins avec une dizaine de chemises blanches, cinq gilets noirs et deux bleus marine et les pantalons assortis. Un peu plus loin, il avait choisi deux paires de chaussures en cuir noir. Les bras chargés de ses achats, Didier allait faire connaissance avec son nouveau lieu de vie. Au 3ème gauche, tel que c'était indiqué sur la boite à lettres à son nom.

En entrant dans les lieux, il lui semblait découvrir un palais des mille et une nuit. Un appartement immense (280 m²), très clair, tous les murs couleur blanc crème, quelques tableaux marine et une décoration moderne et design. Sa chambre semblait être sans fin avec une salle de bains contigüe avec jacuzzi, une douche multi jets et autres accessoires. De chaque coté du couloir 2 chambres avec une salle d'eau, une grande cuisine, salle à manger,, salon très moderne avec home cinéma, chaine stéréo et tous les décodeurs possibles pour recevoir le plus grand nombre de chaines par satellite. Didier paraissait minuscule dans cet espace. Il en était même apeuré ! Ses amis auraient été bien mieux avec lui que dans leur province. Il attrapait le téléphone les appela pour leur raconter son rêve éveillé et enfin commanda des sushis. Une fois engloutis, il allait plonger dans le bain bouillonnant afin de se délasser de sa première journée parisienne.

A 10 heures, ce lundi matin, Luc était là, il venait venu chercher Didier pour l'accompagner au studio qui se trouvait en banlieue ouest, à Colombes. Avant de prendre la voiture, ils partageaient un café et le directeur artistique lui annonçait une nouvelle qui lui serait utile toute sa vie artistique. En effet, il avait trouvé un pseudonyme à Didier. Dorénavant, il s'appellerait : David LEMO.

Une heure plus tard, ils étaient devant la porte du local François SANCHEZ. Son directeur, Johnny WEP, les accueillait, serrait la main à Didier, enfin à David, et embrassait Luc. Dans le couloir qui les emmenait vers le studio principal, quelques musicos discutaient entre eux en les ignorant totalement. Johnny, la quarantaine désinvolte, ancien baba cool dont les restes étaient une queue de rat dans le cou, malgré sa calvitie naissante et une barbe de trois ou quatre jours, il semblait être bien dans ses baskets et son jeans troué. Mais à présent, c'était un homme d'affaires qui devait gérer son lieu. Il avait cinq employés permanents dont Anna, sa secrétaire qui prit en charge la visite des lieux, après avoir fait la bise à ces deux nouveaux hôtes. L'assistante, jolie jeune femme qui savait mettre ses atouts en valeur, était à peine âgée de vingt cinq ans, ne quittait pas David du regard. Derrière sa blondeur naturelle et ses grands yeux verts, David en était gêné. Ils retournaient tous les trois, dans la salle d'enregistrement pour faire connaissance avec l'ingénieur du son et ses deux assistants. Le guitariste (Martin) les rejoignait, suivi du bassiste (Christof), du clavier (Cyril) et Gilbert le batteur. A eux quatre, ils dépassaient à peine le siècle. Johnny venait déranger les premiers échanges pour les inviter à déjeuner dans la cafétéria jusqu'à coté, ainsi ils pourront continuer à se découvrir.

Commenter cet article